PASSION JAZZ
Il était une fois une passion.
Il était une fois toute une vie consacrée au Jazz.
Voici en promenade de quelques lignes la vie passionnée de Philippe Rochet.

Très tôt, Philippe commença à écouter Sydney Bechet et Claude Luter. Nous sommes en 1949. C’est une découverte incroyable qui va bouleverser sa sensibilité et un peu plus tard, aiguiser son sens artistique le plus développé, la peinture.

Un de ses ami, Victor Haim, d’une fédération de Jazz en Loire Atlantique lui fait découvrir la musique.Il passe sa jeunesse comme ceux de son époque, écoutant Charlie Parker, Dizzie Gillepsie. Il se met même au saxophone, si, si, mais déchante rapidement quand le solfège le tire par la manche.
Monsieur Philippe étudie aux Beaux Arts de Nantes, il dessine puis se met à peindre tout d’abord des natures mortes puis de petits tableaux illustrant le bord de mer. Il les vend facilement. Il est félicité pour ses tableaux. Philippe a une prédisposition indéniable pour cet art, la peinture.

Le temps passe. Philippe écoute un peu tous les genres musicaux, rock’n roll, rap. Le Jazz viendra plus tard, bien plus tard.Dès qu’il le peut, il s’échappe avec sa boite de peinture et immortalise les petits ports de mer. Après quelques années, lassé de peindre, Philippe pose ses pinceaux. Ses amis l’interrogent, le raisonnent, leurs remarques le laissent perplexe. Il réfléchit puis « Oui, pourquoi tout arrêter, alors que je suis si apprécié? »

La vie passe et une rencontre vient bouleverser Philippe. Lors d’une exposition, il fait connaissances avec Anny Léon, maire adjoint de la ville d’Antony, chargée de la culture. D’un mot à une autre rencontre, il fait la connaissance de Joseph Garcia, président d’Antony Jazz, une grande famille musicale. Philippe sympatise avec les musiciens, les écoute et assis sur les marches d’une salle de spectacle ou dans un coin discret, se met à les croquer, à les dessiner quoi !

Coup de foudre réel, coup de foudre qui prend des formes, qui prend des traits sur des dizaines de dessins, de petits tableaux qui sont même gagnés en fin de soirée lors de tombolas. C’est une consécration pour Philippe: il peint le Jazz.C’est alors qu’un deuxième coup de foudre se produit : il s’envole et pas pour n’importe quel voyage, il part pour la Nouvelle Orléans.

Là, Philippe n’en revient pas; à tous les étages, le Jazz, dans la rue, le Jazz.Une musique continue, les noirs, les instruments divers, saxo, washboard, piano, banjo, accordéon, clarinette, batterie, guitare, trompette.

On jour n’importe ou, à n’importe quelle heure, gratuitement, une liesse permanente.

Philippe est fou de joie. Cette musique qui vient des tripes le prend aussi au passage. Le séjour à la Nouvelle Orléans est trop court. Philippe s’est fait des amis; il reviendra.

« C’est vraiment pas croyable, cette folie du Jazz qu’ils ont dans les veines, ces gars là ».

Il y retournera, Monsieur Philippe, à la Nouvelle Orléans. En attendant, il regarde et écoute du Jazz devant la télévision dans son salon. Il faut bien retrouver l’ambiance de la nouvelle Orléans, que diable !

Puis Philippe traîne dans les cabarets, là où le Jazz ne se cache pas et même explose. Il promène ses pinceaux au New Morning, au Duc des Lombards, écoute désormais Herbie Hancock, Larry Carlton, Pat Metheny, Lee Ritenour ou Steve Coleman.

La peinture de Philippe Rochet a pris un immense élan. Des tableaux, il en fait des dizaines, des petits, des grands, des très grands avec tout un orchestre.
Il expose souvent et Paris est en train de le découvrir. Sa peinture est unique, tout comme lui. Il jette la couleur des sons comme des cris d’instrument. Tout s’agite sur les toiles dans tous les sens, en rythme de coups de pinceaux effrénés!
Sa peinture, ajoutée à son écoute du Jazz, offre un engouement de grand artiste.

Tout le monde y passe. Miles Davis, Al Jarreau, Ray Charles, des orchestres entiers, des chanteuses noires, croquées en pleine liesse.
Monsieur Philippe hante Paris et ses petites formations.

Dites moi, cela valait bien quelques lignes et quelques compliments, non ?
Ah! Oui, une petite anecdote amusante, son engouement est tel pour les artistes de Jazz que parfois, en regardant un DVD, il fait des arrêts sur image pour mieux saisir le mouvement.
Philippe, qu’est ce qui a été le plus déterminant à la Nouvelle Orléans pour te donner un tel élan et à donner une telle personnalité à tes tableaux ?
Eh! Bien, c’est simple, répond Philippe, il faut voir et participer à une messe de Godspel parce que ça, c’est vraiment extraordinaire !

Un orchestre dans l’église, et ça chante avec ses tripes, et ça emmène le public; c’est fort, c’est énorme. C’est une liesse déroutante qui prend tout le monde et c’est une féérie de bonheur qui fait oublier le dehors de la vie.

On danse, on pleure même, ceux qui sont sur le devant de l’autel nous invitent à faire plus que participer, ils nous implorent à venir chanter avec eux pour que tous ces moments se transforment en une adoration, en demandant de la joie et de la compassion pour tous.

On sort de cette messe complètement vidé mais vidé, bien lavé comme dans les textes bibliques.

Voilà, la vie de Philippe Rochet est très remplie, surtout de sa peinture. Elle a atteint un tel sommet dans la transcription des musiciens, de leurs oeuvres en couleurs qu’il faut qu’enfin le grand public le découvre.
Bonnes découvertes donc à vous toutes et tous et longue vie au Jazz haut en couleurs.

Merci Monsieur l’artiste de nous offrir tant de feux d’artifices à chaque toile.
Signé : les Hippocampes d’AntonyJazz
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